Petit guide de la collégiale S. André à Cologne


Historique

 

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Ce fut le frère de l'empereur Otton le Grand, l'archevêque Bruno qui fondit la collégiale Saint-André dans la seconde moitié du 10e s. Saint-André était érigée en style roman primitif dont il subsiste encore des restes dans la crypte. Le second successeur de Bruno, l'archevêque Géron procéda à la dédicace de l'église le 3 mai 974. L'église fut dédiée à S. André et à tous les apôtres. La première église qui se trouvait en cet endroit déjà au 4e s. fut dédiée à S. Mathieu. Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de Saint-André on a recueilli des restes de l'époque romaine ainsi que des sarcophages mérovingiens.
Le début de la construction de l'église actuelle remonte vers 1200. L'église est une basilique à trois nefs avec un porche avancé, une tour sur la croisée et un choeur allongé. Les transepts sont de forme absidiale. A l'est s'y ajoutaient jadis encore des porches par lesquelles les fidèles accédaient à l'église. Celui du côté sud a disparu. Du côté nord le porche était transformé en sacristie. Dans la sacristie on peut voir le portique roman aux lions.
Au 14e siècle des chapelles gothiques furent ajoutées. Début du 15e siècle le choeur roman fut remplacé par un choeur gothique. A cette fin la crypte romane fut détruite. Vers la fin du 15e siècle l'abside ronde du côté nord reçut une forme angulaire en gothique tardif (construction 5/8). L'abside sud fut agrandie par un transept en 1492. Enfin en 1539 la dernière des chapelles fut ajoutée au sud-ouest.

Style roman

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Les églises romanes ont comme base la forme d'une croix. En guise de remparts des tours la cernent. En effet la Jérusalem céleste est représentée par une forteresse. C'est du côté ouest que la fortification est la plus forte car c'est le côté où le soleil se couche. Ce côté est la porte d'entrée de l'obscurité et du mal.
Les fortes murailles désignent le pouvoir temporel qui a pour devoir de protéger l'Eglise. Du côté est, là où le soleil se lève, se situe l'autel représentant le Christ, lumière du monde. Ainsi, protégée par le pouvoir temporel (la construction ouest) et le pouvoir spirituel (le choeur), l'assemblée se tient dans la nef. Par l'emploi des motifs végétaux et animaux toute la création se trouve intégrée dans l'église; dédivinisée et dédémonisée de la sorte, elle est tout entière libre dans la louange de Dieu.
Afin de ne pas oublier les fidèles défunts dans la liturgie, le style roman préconisait la construction de cryptes.


Plan au sol (Pop-Up; Prière de placer les deuc fenêtres l'une à côté de l'autre)


Peintures murales

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Des peintures murales remarquables se trouvent dans la deuxième chapelle du côté nord, dans les chapelles du côté sud et sur deux piliers de la nef centrale. On distingue notamment :
Le Christ, juge universel (1), le couronnement de la Vierge (2), la représentation du jugement dernier (3) et la tête de S. Paul (4). Dans la première chapelle du côté nord il y a la représentation de la vie de la Vierge (5) datant de 1325.

Le tableau inférieur montre le Crucifié avec la Vierge à sa droite. La Vierge est soutenue par S. Jean, à côté d'elle S. Pierre et Ste Ursule. Du coté gauche du Christ on peut voir l'apôtre S. Philippe ainsi que S. Lambert et S. Georges. Le tableau de dessus illustre l'adoration des trois mages avec leurs serviteurs et leurs chevaux. Le tableau suivant est divisé en trois scènes: l'annonciation, la visitation et la naissance. Le tableau supérieur représente le couronnement de la Vierge.

Sculptures

(6) La Vierge au rosaire. Cette statue provenant de l'ancien couvent dominicain et réalisée vers 1474 est une des premières représentations de ce genre.

(7) Le Christ en croix: Jésus en croix entouré de la Vierge et de Jean l'Evangéliste (15e s.)

(8) L'archange S. Michel. Cette statue date de la fin du 15e siècle et a été réalisée par le sculpteur colonais Tilman.

(9) S. Christophe. Aujourd'hui S. Christophe protège les automobilistes. Jadis on l'a imploré pour être sauvegardé de la mort subite. La figure a été réalisée autour de 1490 dans l'atelier de Tilman.

(10) Le Christ en croix, début du 16e siècle. Auprès de cette croix fut installé le trône de l'évêque de Cologne dans l'après-guerre immédiat.

(11) S. André
Sculpture du patron de l'église qui date du 18e siècle.

(12) Le puits qui d'après la légende recueillit le sang de Ste Ursule et de ses compagnes (15e siècle)

(13) Le portail d'entrée de Charles Mathieu Winter (1963): Dieu conclut des alliances avec les hommes.

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Tableaux

(14) Retable de la confrérie du rosaire, appelé "La Vierge au manteau" (maître de Saint-Sévérin, vers 1510-1515), réalisé pour commémorer la libération de la Rhénanie du joug de Charles le Téméraire en 1474 grâce à la prière du rosaire.
L'enfant Jésus joue avec un rosaire que Marie porte autour du cou. Des anges tiennent trois couronnes de roses rouges et de roses blanches au-dessus de la tête de la Vierge. L'ample manteau est tenu du côté gauche par S. Dominique et du côté droit par S. Pierre de Vérone, le patron de la corporation des brasseurs de Cologne. Sous le manteau protecteur de Marie s'agenouillent à gauche les membres clercs de la confrérie du rosaire avec le pape, à droite les membres séculiers avec l'empereur et sa famille ainsi que des représentants de la corporation des brasseurs. Sur les ailes externes on peut voir les saintes Dorothée et Cécile.

(15) Le jugement dernier (1573)

(16) La crucifixion de S. André (1658). Retable de l'ancien maître-autel baroque représentant S. André fixé à sa croix en forme d'X.

(18) S. Albert, évêque (milieu du 17e siècle par J. Hülsmann) montre du doigt le choeur de l'ancien couvent dominicain Sainte-Croix démoli au 19e siècle.

(26) Triptyque de Barthel Bruyn (1493-1555), célèbre peintre colonais.
Tableau central: la crucifixion du Christ; aile gauche: le pape Urbain et S. Ulrich; aile droite: le martyre de S. André.

(27) La résurrection du Christ (1551). Tableau central: la résurrection du Christ (en bas le donateur à genoux) aile gauche: l'ascension; aile droite: la Pentecôte.

Les châsses

(19) Le reliquaire des apôtres, gothique, fin du 14e s. Tout autour des figures d'apôtres; le Christ, la Vierge, S. Denis. Contient une relique du bras de S. André.

(20) Le reliquaire des frères macchabés, realisé de 1520 à 1527 par Pierre Hanemann pour abriter les têtes des frères macchabés, martyrs juifs au second siècle av. JC. Scènes de leur passion en parallèle avec la passion du Christ. Représentation du transfert des reliques de Milan à Cologne par l'évêque Rainald von Dassel en 1164. Ascension du Christ et assomption des frères macchabés avec leur mère. Couronnement de la mère des macchabés et couronnement de la mère du Christ. 4 évangélistes, le Christ, la Vierge, Hélène - la mère de l'empereur Constantin - qui fit exhumer les reliques des frères.

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En outre:

 

(21) Vitrail de S. Albert, programme iconographique par P. Wolfram Plotzke OP 1951, atelier de Jacques Melchior, Cologne 1954. Scènes de la vie de S. Albert (1200-1280), dominicain, philosophe, théologien, homme de science, professeur, prieur-provincial, expert en négociations, évêque.

(22) Tabernacle, 16e s. Bénèdiction de la manne. Cène. S. Mathieu et S. André, les deux patrons de l'église.

(23) Lampe du Saint-Sacrement, 18e s., style rococo. La lampe est allumée la nuit de Pâques au cierge pascal et indique la présence du Christ ressuscité.

(24) Vitraux du choeur, 1899 et 1918. Effets de l'eucharistie: Adoration de la Trinité, les oeuvres de charité (Charles Borromée, Dominique, Elisabeth, Martin), effets sur les âmes du purgatoire, protection et salut pour les souffrants et les défunts. Apôtres, martyrs, saints vénérés à Cologne

(25) Stalles, 1480, prophètes vêtus à la bourguignonne, saints de Cologne, groupes de prophètes et d'anges musiciens.

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(28) Pièta
La pièta (du début du 14e siècle) provient de l'ancien couvent dominicain Sainte-Croix. Nombreux sont les fidèles qui y viennent confier leurs soucis.

La crypte
Détruite au 15e siècle, réouverte en 1953. Pour une large part la crypte actuelle porte la marque des années 1950-1960, c'est seulement la partie autour de la tombe de S. Albert qui laisse entrevoir sa forme originelle. Au pilier est de la chapelle mortuaire se trouvent des représentations de chanoines en prière. L'autel, l'ambon et la stèle du tabernacle sont l'oeuvre de l'artiste colonais Egino Weinert. Chemin de croix de Rudolf Krüger (1958).

Triptyque (1560): la crucifixion, en arrière le paysage de Jérusalem (devant la Vierge se situe le donateur à genoux); aile gauche: S. Jérôme; aile droite: S. François.

 

La chapelle mortuaire de S. Albert

Un sarcophage romain du 3e siècle renferme les reliques de S. Albert (1200-1280). L'inscription latine au fond de la chapelle se traduit ainsi:
Ici gît Albert le Grand, docteur de l'Eglise, né en 1200, entré dans l'Ordre des Prêcheurs en 1223, professeur de théologie à Paris et à Cologne en 1248, évêque de Ratisbonne de 1260 à 1262, mort le 15 novembre 1280, canonisé le 16 décembre 1931 par le pape Pie XI.
Réjouis-toi, heureuse et sainte ville de Cologne. D'entre toutes les villes toi seule fut jugée digne de porter entre tes murs la lumière étincelante et la gloire de toute l'Allemagne.

A l'occasion du 700e anniversaire de la mort de S. Albert le 15 novembre 1980 le pape Jean-Paul II entreprit un pèlerinage à Cologne auprès de la tombe de ce saint.

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Edité par les Dominicains de St. Andreas
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Dessins: Renate Friedländer

Cologne, en avril 2003